Publié le 11 mars 2024

En résumé :

  • Votre climatiseur communique ses pannes par des bruits, des odeurs ou des clignotements. Apprendre à les décoder est la première étape.
  • Des tests simples, réalisables sans outils (test tactile, observation visuelle, test de la télécommande avec un smartphone), permettent d’isoler de nombreuses pannes courantes.
  • L’objectif n’est pas de tout réparer vous-même, mais de fournir un pré-diagnostic qualifié au dépanneur pour accélérer l’intervention et maîtriser les coûts.
  • Certains symptômes, comme une odeur de brûlé, indiquent un danger immédiat et nécessitent une coupure d’alimentation et un appel professionnel sans délai.

Le silence est rompu par un bruit anormal. Le flux d’air frais se transforme en une brise tiède. Un voyant se met à clignoter frénétiquement. Lorsqu’un climatiseur tombe en panne, le premier réflexe est souvent un sentiment d’impuissance, suivi de la crainte d’une facture de réparation élevée. La plupart des guides se contentent de conseiller l’évidence : nettoyer les filtres ou vérifier le disjoncteur. Si ces étapes sont nécessaires, elles sont rarement suffisantes face à un problème plus complexe.

Pourtant, une part significative du diagnostic ne requiert aucun équipement spécialisé. Elle repose sur un outil que vous possédez déjà : vos sens. L’erreur la plus commune est de subir la panne passivement. Mais si la véritable clé n’était pas de tenter de réparer à tout prix, mais plutôt d’apprendre à devenir le premier maillon expert de la chaîne de dépannage ? L’objectif de ce guide est de vous transformer en un interlocuteur qualifié pour le technicien. En apprenant à réaliser un diagnostic sensoriel, vous pourrez décrire la panne avec précision, orienter le professionnel, et ainsi gagner du temps et de l’argent.

Cet article va vous apprendre à traduire le langage de votre climatiseur. Nous allons décoder ensemble les symptômes visuels, sonores et olfactifs pour que vous puissiez identifier la nature du problème. Vous serez ainsi en mesure de distinguer une simple maintenance d’une urgence, et de communiquer efficacement avec le service de dépannage, en sachant exactement quoi observer et quoi lui dire.

Pourquoi votre clim souffle de l’air tiède et givre sur le petit tuyau ?

C’est un symptôme classique et très parlant. Vous constatez que votre climatiseur ne produit plus de froid, et en inspectant l’unité extérieure, vous remarquez que le plus petit des deux tuyaux en cuivre est couvert de givre, voire d’un bloc de glace. Ce phénomène est le signe d’un problème dans le cycle frigorifique. L’air tiède soufflé à l’intérieur est la conséquence directe : le système ne parvient plus à échanger correctement les calories. Le givre sur le petit tuyau (la ligne liquide haute pression) indique que le fluide frigorigène ne se détend pas correctement ou que la charge de gaz est insuffisante.

Deux causes principales expliquent ce symptôme. La première, la plus simple, est un manque de débit d’air. Si les filtres de votre unité intérieure ou la turbine de ventilation sont encrassés, l’air ne peut plus circuler suffisamment sur l’évaporateur. L’échange thermique ne se fait pas, la température de l’évaporateur chute drastiquement et le peu d’humidité présent gèle. La seconde cause, plus sérieuse, est un manque de gaz réfrigérant dû à une micro-fuite sur le circuit. Lorsque le niveau de gaz est trop bas, la pression dans le système chute, ce qui provoque également ce point de gel anormal.

Le premier diagnostic à faire est donc de couper l’alimentation, attendre que la glace fonde, et de procéder à un nettoyage complet des filtres et de la turbine de l’unité intérieure. Si après redémarrage le problème persiste, la thèse de la fuite devient la plus probable. Dans ce cas, l’intervention d’un professionnel est indispensable pour localiser la fuite, la réparer et recharger le système en gaz.

Pour vous aider à visualiser les implications, voici les deux scénarios les plus courants et leurs coûts associés, illustrant l’importance d’un bon premier diagnostic. Comme le montre une analyse de Travaux.com, la différence de coût est significative.

Givre = 2 scénarios de coût
Scénario Cause Solution Coût moyen
Scénario 1 Filtres/turbine sales Nettoyage DIY 0€ (30 min)
Scénario 2 Manque de gaz (fuite) Intervention professionnel 300-600€

Votre plan d’action : Diagnostiquer l’air tiède et le givre

  1. Coupez l’alimentation et effectuez le test tactile des deux tuyaux en cuivre. Notez lequel est froid, chaud ou gelé.
  2. Vérifiez la température en fonctionnement normal (après nettoyage) : le gros tuyau doit être frais et condenser, le petit tuyau tiède/chaud.
  3. Si le petit tuyau gèle systématiquement, le problème se situe au niveau de la charge en gaz ou du détendeur.
  4. Nettoyez en profondeur les filtres de l’unité intérieure. Si très encrassés, cela peut être la seule cause (30 min, coût 0€).
  5. Si le problème de givre persiste après nettoyage, contactez un professionnel en lui indiquant : « Mon unité souffle de l’air tiède et le petit tuyau extérieur gèle malgré des filtres propres. Je suspecte une fuite de gaz. »

Turbine qui ne tourne pas : moteur HS ou condensateur de démarrage à 10 € ?

Vous entendez l’unité intérieure démarrer, le volet s’ouvrir, mais aucun air n’est soufflé. En regardant à travers les ailettes, vous constatez que le rouleau (la turbine) reste immobile ou tente de démarrer sans y parvenir, parfois avec un léger grognement. Cette panne est frustrante car le reste du système semble fonctionner. L’absence de ventilation empêche tout simplement la diffusion de l’air traité, qu’il soit froid ou chaud. Le problème est purement mécanique ou électrique et localisé au niveau du moteur de la turbine.

L’hypothèse la plus redoutée est celle d’un moteur de ventilateur grillé, une réparation coûteuse. Cependant, une cause beaucoup plus fréquente et économique est la défaillance du condensateur de démarrage. Cette petite pièce cylindrique, qui ressemble à une grosse pile, a pour rôle de donner l’impulsion électrique nécessaire au moteur pour se lancer. Avec le temps, il perd de sa capacité et ne parvient plus à fournir assez d’énergie au démarrage. Le moteur veut tourner, mais il n’a pas la « poussée » initiale.

Il existe un test simple pour orienter le diagnostic. Après avoir coupé l’alimentation électrique au disjoncteur, essayez de lancer manuellement la turbine avec un objet long et fin (comme un tournevis long ou une baguette). Si la turbine tourne librement sans point dur, le moteur n’est probablement pas grippé. Si, en remettant le courant, elle peine toujours à démarrer seule mais se lance si vous l’aidez manuellement (avec une extrême prudence !), la suspicion sur le condensateur devient très forte.

Étude de cas : Le test du lancement manuel

Un particulier constate que la turbine de son unité intérieure ne tourne plus. Après avoir coupé l’alimentation, il utilise un long tournevis pour vérifier la rotation manuelle. La turbine tourne sans résistance mais ne démarre pas électriquement. Il identifie ce comportement comme un symptôme typique d’un condensateur de démarrage fatigué. Le coût de la pièce de rechange, commandée en ligne, est de 15€. En remplaçant lui-même cette pièce accessible, il a évité une intervention professionnelle facturée entre 150€ et 250€, réalisant une économie substantielle.

Le condensateur est une pièce standard dont la valeur (en microfarads, µF) est inscrite dessus. Le remplacer est une opération simple pour un bricoleur averti, mais il est crucial de toujours travailler hors tension. C’est un parfait exemple de panne où un pré-diagnostic précis peut transformer une réparation potentiellement chère en une simple formalité à faible coût.

Gros plan sur un condensateur de démarrage avec mise en évidence des valeurs importantes

Comme on peut le voir, le condensateur est un composant distinct du moteur. Lorsque vous appelez un dépanneur, indiquez : « La turbine ne tourne pas mais elle n’est pas bloquée manuellement. Je pense que le condensateur de démarrage est peut-être en cause. » Cette simple phrase orientera immédiatement le technicien.

Odeur de brûlé ou de vinaigre : ce que votre nez vous dit sur la panne

Votre nez est un outil de diagnostic puissant. Une odeur anormale provenant de votre climatiseur n’est jamais bon signe et doit être interprétée comme une alerte claire. Les deux odeurs les plus fréquemment rapportées sont l’odeur de plastique ou de composant électrique brûlé, et une odeur aigre, proche du vinaigre ou des « chaussettes mouillées ». Chacune pointe vers un problème radicalement différent en termes de gravité et d’action requise.

L’odeur de brûlé est la plus alarmante. Elle signale presque toujours un court-circuit ou une surchauffe sévère d’un composant électrique. Il peut s’agir d’un câble qui fond, d’un connecteur mal serré qui crée un arc électrique, ou, plus grave, d’un composant sur la carte électronique qui grille. C’est un danger d’incendie potentiel. La seule et unique réaction à avoir est de couper immédiatement l’alimentation du climatiseur au niveau du disjoncteur général et de ne surtout pas tenter de le redémarrer. Contactez un professionnel en urgence en précisant « J’ai une forte odeur de brûlé, j’ai tout coupé au disjoncteur ».

L’odeur de vinaigre ou de moisi, bien que désagréable, est beaucoup moins grave. Elle est le signe d’une prolifération de bactéries et de moisissures à l’intérieur de l’unité. Ce phénomène se produit lorsque l’humidité résiduelle, créée par la condensation en mode froid, stagne dans le bac à condensats ou sur l’évaporateur. L’eau stagnante et l’obscurité créent un environnement idéal pour le développement microbien. Le problème est donc lié à un manque d’hygiène ou à un mauvais drainage de l’eau de condensation. Un nettoyage en profondeur de l’unité intérieure avec un produit bactéricide spécifique est alors nécessaire. Il faut également vérifier que le tuyau d’évacuation des condensats n’est pas bouché.

La prévention de cette odeur est simple : après avoir utilisé la climatisation en mode froid, lancez le mode ventilation seule (« Fan ») pendant 15 à 30 minutes. Cela permet de sécher les composants internes et d’éviter la stagnation d’eau, prévenant ainsi la formation de moisissures.

Clim qui ne répond plus à la télécommande : piles ou carte mère grillée ?

C’est une situation banale : vous appuyez sur les boutons de votre télécommande, mais rien ne se passe. L’unité intérieure reste désespérément muette. Le premier réflexe, et souvent le bon, est de remplacer les piles. Mais que faire si, même avec des piles neuves, le climatiseur ne réagit toujours pas ? La panique peut s’installer, avec la crainte d’une panne de la carte électronique réceptrice, une réparation potentiellement onéreuse.

Avant de conclure au pire, il faut diagnostiquer méthodiquement les deux éléments en cause : la télécommande (l’émetteur) et l’unité intérieure (le récepteur). Pour la télécommande, il existe un test infaillible qui ne demande qu’un smartphone. La plupart des télécommandes utilisent une LED infrarouge (invisible à l’œil nu) pour envoyer le signal. Cependant, l’appareil photo d’un téléphone peut « voir » cette lumière.

Voici la procédure de test :

  1. Ouvrez l’application « Appareil Photo » de votre smartphone, idéalement en mode « selfie » (caméra frontale).
  2. Pointez la petite ampoule LED située à l’avant de votre télécommande directement vers l’objectif du téléphone.
  3. Appuyez sur n’importe quel bouton de la télécommande.
  4. Si vous voyez un flash lumineux blanc ou violet sur l’écran de votre téléphone à chaque pression, cela signifie que votre télécommande émet un signal et fonctionne correctement. Le problème se situe donc du côté du récepteur de l’unité intérieure.

Si aucun flash n’apparaît, la télécommande est bien la coupable. Le problème est alors résolu par son remplacement à moindre coût.

Main tenant un smartphone face à une télécommande de climatisation pour test infrarouge

Si la télécommande fonctionne mais que l’unité ne réagit pas, le problème se situe au niveau du récepteur infrarouge ou de la carte mère de l’unité intérieure. Avant d’appeler un dépanneur, cherchez un petit bouton de commande manuelle souvent caché sur le côté ou sous le capot de l’unité. Appuyer dessus permet de forcer le démarrage en mode automatique. Si l’unité démarre ainsi, cela confirme que le climatiseur lui-même est fonctionnel et que seule la partie réception du signal est défaillante. Vous pourrez alors dire au technicien : « Ma télécommande émet bien un signal infrarouge vérifié, mais l’unité ne répond pas. Elle démarre cependant avec le bouton manuel. »

Erreur de communication UI/UE : quand le câble entre les unités est coupé

Votre climatiseur split-system se compose de deux parties qui doivent dialoguer en permanence : l’unité intérieure (UI) et l’unité extérieure (UE). Cette communication se fait via un câble électrique qui transmet à la fois l’alimentation et les signaux de commande. Lorsqu’un code erreur indiquant un « défaut de communication » apparaît (souvent E1, F1, ou une série de clignotements spécifiques), cela signifie que ce dialogue est rompu. Les deux unités ne se « comprennent » plus.

La cause peut être électronique (une carte mère défaillante à l’une ou l’autre des extrémités), mais une cause mécanique, souvent négligée, est la détérioration ou la section du câble de liaison lui-même. Ce câble, qui court le long du mur extérieur entre les deux unités, est exposé aux intempéries, aux UV, aux rongeurs, ou tout simplement aux accidents domestiques.

Étude de cas : Le diagnostic visuel du chemin de câble

Le propriétaire d’un climatiseur voyait un code erreur de communication s’afficher par intermittence. Avant d’appeler un dépanneur pour ce qui semblait être une panne électronique complexe, il a décidé d’inspecter visuellement tout le chemin du câble de liaison. Il a découvert que le câble, passant à-travers une haie, avait été pincé et endommagé lors d’une taille récente au taille-haie. Le remplacement de cette section de câble a coûté environ 200€, alors qu’un diagnostic erroné aurait pu mener au remplacement d’une carte électronique facturée plus de 500€.

Avant d’envisager une panne électronique coûteuse, un diagnostic visuel s’impose. Inspectez minutieusement toute la longueur visible du câble de liaison. Cherchez des signes de coupure, de pincement, de dénudation ou de brûlure. Parfois, le problème vient simplement d’une connexion desserrée au niveau des borniers de l’unité intérieure ou extérieure. Un simple resserrage (toujours hors tension !) peut résoudre le problème.

Une autre action simple à tenter avant d’appeler un professionnel est une réinitialisation complète du système. Les parasites sur le réseau électrique peuvent parfois perturber la communication. Une coupure de courant prolongée force les deux unités à se resynchroniser au redémarrage.

  1. Coupez l’alimentation du climatiseur au disjoncteur dédié.
  2. Attendez au minimum 10 minutes complètes. C’est crucial pour que les condensateurs des cartes se vident.
  3. Remettez le disjoncteur en marche.
  4. Attendez 5 minutes supplémentaires sans toucher à la télécommande. Laissez le temps aux unités de se reconnaître et d’établir leur protocole de communication.

Code erreur clignotant : comment traduire le langage de votre clim ?

Lorsqu’un problème survient, de nombreux climatiseurs modernes l’affichent sous forme d’un code alphanumérique (ex: « E4 », « F81 ») ou d’une séquence de clignotements des voyants sur l’unité intérieure. Ce code est la manière la plus directe pour l’appareil de vous dire où il a mal. Ignorer ce code et se contenter de dire « ça ne marche pas » au dépanneur, c’est comme aller chez le médecin en disant « je suis malade » sans décrire ses symptômes. Savoir décoder cette information est la compétence de pré-diagnostic la plus précieuse.

Le défi est qu’il n’existe pas de standard universel. Chaque marque (Daikin, Mitsubishi, Atlantic, etc.) a sa propre nomenclature de codes erreur. La première étape est donc d’identifier précisément la marque et la référence de votre appareil. Ces informations se trouvent sur une étiquette collée sur le côté de l’unité intérieure et/ou de l’unité extérieure. Une fois ces informations en main, votre meilleur allié est un moteur de recherche. Rechercher « [Marque] [Référence] code erreur » vous mènera presque toujours vers le manuel d’utilisation en PDF ou vers des forums spécialisés où le code est expliqué.

Notez précisément le code affiché ou la séquence de clignotement (ex: « le voyant vert clignote 3 fois, pause, puis 3 fois… »). Cette précision est essentielle. La signification d’un code peut aller d’un simple « nettoyage des filtres requis » à un « défaut de sonde de température extérieure » ou un « problème de communication ». Comprendre le code vous permet de juger de la gravité de la panne et d’effectuer les actions simples si nécessaire (nettoyage, réinitialisation). Pour certaines marques comme Daikin, une manipulation sur la télécommande (maintenir le bouton « Cancel » 5 secondes) permet d’afficher un code à deux chiffres bien plus précis sur l’écran de la télécommande.

Avoir cette information change tout lors de l’appel au technicien. Lui annoncer « Ma clim Daikin affiche le code U4, qui semble correspondre à un défaut de communication entre les unités » est infiniment plus efficace. Le technicien peut alors potentiellement anticiper les pièces à amener. Savoir interpréter ces codes est une démarche qui justifie amplement le coût d’une intervention, car selon MesDépanneurs.fr, un diagnostic professionnel coûte en moyenne 150 à 200€ TTC. Arriver avec le code déjà décrypté, c’est faire la moitié de ce travail.

Méthodologie pour décoder un code erreur

  1. Notez la couleur, le rythme exact des clignotements ou le code alphanumérique affiché.
  2. Trouvez la référence exacte de vos unités, celle de l’unité intérieure et celle de l’extérieure.
  3. Recherchez en ligne : « [marque de la clim] [référence de l’unité] code erreur » pour trouver le manuel ou des forums.
  4. Croisez l’information sur plusieurs sources pour confirmer la signification du code.
  5. Si vous avez une clim Daikin, essayez de maintenir le bouton ‘Cancel’ de la télécommande enfoncé pendant 5 secondes pour obtenir un code plus précis.

Votre compresseur grogne mais ne part pas : la pièce à 15 € qui peut le sauver

C’est le son le plus angoissant pour un propriétaire de climatiseur. Vous entendez l’unité extérieure qui tente de démarrer, un « clic » suivi d’un fort grognement ou bourdonnement (« bzzzzz ») pendant quelques secondes, puis un autre « clic » et le silence. Le cycle se répète toutes les quelques minutes. Ce son est celui du compresseur, le cœur de votre système, qui essaie de se lancer mais est immédiatement arrêté par sa protection thermique. C’est le signe qu’il demande une quantité de courant anormalement élevée pour démarrer.

L’instinct pousse à croire que le compresseur est bloqué ou mort, une réparation qui équivaut souvent au remplacement de l’unité extérieure. Mais, comme pour la turbine de l’unité intérieure, le coupable est très souvent une pièce bien moins chère : le condensateur de démarrage du compresseur (parfois appelé « dual run capacitor » car il aide aussi le ventilateur extérieur). Ce composant, qui coûte entre 15 et 50€, fournit le couple de démarrage nécessaire. Lorsqu’il est usé, le compresseur force, l’intensité du courant monte en flèche, le protecteur thermique se déclenche, et tout s’arrête.

Un symptôme visuel peut confirmer ce diagnostic. Si, au moment où le compresseur tente de démarrer, vous observez une baisse d’intensité des lumières dans votre maison, c’est la preuve de cet appel de courant massif typique d’un condensateur défaillant.

Étude de cas : Le test de la baisse de lumière

Un utilisateur a remarqué que les lumières de son salon faiblissaient à chaque fois que sa climatisation tentait de démarrer, accompagné d’un grognement à l’extérieur. Il a interprété cet appel de courant massif comme le symptôme d’un condensateur de démarrage fatigué. Il a commandé la pièce correspondante (condensateur « dual run ») pour environ 20€. En informant le technicien de son pré-diagnostic, l’intervention a été rapide et ciblée sur le remplacement de cette pièce, lui évitant un devis alarmant pour un remplacement de compresseur à plus de 800€.

L’échelle des bruits émis par le compresseur est un excellent indicateur de la gravité de la situation. Savoir les décrire au téléphone est crucial.

Échelle de gravité sonore du compresseur
Bruit entendu Diagnostic probable Gravité Coût réparation
Clic + bzzzz 5 sec + clic Protecteur thermique / Condensateur HS Moyenne 15-50€ (pièce)
Grognement continu Compresseur bloqué Élevée 300-800€
Bruit de broyeur de cailloux Compresseur en fin de vie Critique 800-1200€+

À retenir

  • Vos sens (vue, ouïe, odorat) sont vos premiers outils de diagnostic. Un symptôme observé et bien décrit a plus de valeur qu’une supposition.
  • L’objectif du pré-diagnostic n’est pas de réparer, mais de traduire le symptôme en un langage technique simple pour le dépanneur, ce qui accélère l’intervention et maîtrise les coûts.
  • Savoir quand une situation est dangereuse (odeur de brûlé, bruit de broyage) et quand elle relève de l’entretien (odeur de moisi, filtres sales) est une compétence essentielle.

Panne de chauffage en plein hiver : les 3 tests à faire avant d’appeler un dépanneur

Rien n’est plus inconfortable qu’une climatisation réversible qui refuse de produire de la chaleur en plein hiver. Alors qu’elle fonctionnait parfaitement en mode froid l’été, elle souffle désormais de l’air froid ou à température ambiante lorsque vous activez le mode chauffage. Avant de céder à la panique et d’appeler un dépanneur, plusieurs vérifications simples permettent d’éliminer les causes les plus communes, dont certaines sont de simples erreurs de manipulation.

Premièrement, sortez et inspectez votre unité extérieure. En mode chauffage, l’unité extérieure produit du froid et peut donc givrer, surtout par temps froid et humide. Un cycle de dégivrage automatique est censé s’activer périodiquement. Si ce cycle est défaillant, l’unité peut se transformer en un bloc de glace, ce qui bloque l’échange thermique et empêche la production de chaleur. Si vous voyez une épaisse couche de glace, c’est un indice majeur.

Deuxièmement, un problème mécanique courant est le blocage de la vanne 4 voies. C’est cette pièce qui inverse le cycle frigorifique pour passer du mode froid au mode chaud. Il arrive qu’elle se coince. Un symptôme est que l’unité souffle de l’air très froid (comme en mode climatisation) au lieu de chaud. Une astuce de dépanneur, à tenter avec précaution, consiste à taper doucement sur le corps de la vanne (un composant en laiton avec plusieurs tuyaux) avec le manche d’un tournevis pendant que le système tente de passer en mode chaud. Parfois, cette simple vibration suffit à la débloquer.

Enfin, la cause la plus fréquente est souvent la plus simple : une erreur de réglage. Assurez-vous que votre télécommande est bien en mode « HEAT » (souvent symbolisé par un soleil) et non en mode « AUTO ». En mode « AUTO », si la température de la pièce est supérieure à votre température de consigne, le système peut décider de ne pas chauffer, voire de refroidir. De même, vérifiez que la température de consigne demandée est bien supérieure de plusieurs degrés à la température ambiante affichée.

Les 3 tests essentiels en cas de panne de chauffage

  1. Test 1 : Inspectez l’unité extérieure. Si elle est prise dans un bloc de glace, signalez un « problème de cycle de dégivrage ».
  2. Test 2 : Si l’air soufflé est froid et non tiède, la vanne 4 voies est peut-être bloquée. Mentionnez-le au technicien.
  3. Test 3 : Vérifiez que le mode est sur ‘HEAT’ (soleil) et que la consigne de température est bien supérieure à l’ambiante. C’est le piège le plus fréquent.

Si après ces trois tests, le problème persiste, une intervention professionnelle est nécessaire. D’après une analyse de Travaux.com, une réparation de clim réversible coûte en moyenne entre 200€ et 350€. Avoir effectué ces tests vous permettra de donner des informations précises au technicien.

Ces vérifications préliminaires peuvent vous épargner un dépannage inutile. Pour vous assurer d’avoir tout vérifié, repassez en revue les trois tests fondamentaux avant d'appeler à l'aide.

Lors de votre prochain appel, ne vous contentez plus de dire « mon chauffage ne marche pas ». Décrivez précisément ce que vous avez observé : « Mon unité extérieure est couverte de givre », « L’air soufflé est froid malgré le mode soleil », ou « J’ai vérifié tous les réglages et tests de base ». Cette approche proactive est le premier pas vers une résolution rapide, efficace et économique.

Questions fréquentes sur le diagnostic des pannes de climatisation

Que signifie une odeur de plastique brûlé venant de ma clim ?

C’est le signe d’un court-circuit probable. Coupez immédiatement le disjoncteur dédié à la climatisation et faites intervenir un professionnel. C’est un danger électrique et un risque d’incendie.

Pourquoi ma clim dégage une odeur de vinaigre ou aigre ?

Cela indique une prolifération bactérienne dans le bac à condensats due à l’humidité stagnante. Il est nécessaire de nettoyer le bac et l’évaporateur avec un produit désinfectant et de vérifier que le tuyau d’évacuation n’est pas bouché.

Comment prévenir les odeurs de moisi dans ma climatisation ?

La meilleure prévention est d’utiliser le mode ventilation seule (‘FAN’ ou ‘DRY’) pendant environ 15 à 30 minutes après chaque utilisation en mode froid. Cela permet de sécher les composants internes et d’empêcher l’eau de stagner.

Rédigé par Marc-André Lemoine, Maître Artisan Frigoriste certifié, Marc-André a débuté son parcours chez les Compagnons du Devoir avant de diriger sa propre entreprise de CVC. Il est spécialisé dans la manipulation des fluides frigorigènes et le diagnostic des pannes critiques sur les pompes à chaleur. Il forme aujourd'hui les futurs techniciens aux exigences de la certification QualiPAC.